Agrifierté : « Tremper mes mains dans la fiente n'enlève rien à ma beaut&eacu

Au moment où notre rédaction prend contact avec Philipe JONG, en début 2015, il est l’un des jeunes fondateurs de « Pandora Lands », une coopérative agricole de six mois d’existence située à Douala. Son collaborateur et lui-même ont commencé à ne travailler que tous les deux dans leurs plantations. Quelques mois plus tard, ils employaient quelques ouvriers et avaient réussi à effectuer plusieurs récoltes de tomates revendues à un supermarché de la ville de Douala.  À même pas 30 ans, ils ont reconnu qu'il peut sembler étrange de faire le choix de l’agriculture alors que tous les autres jeunes de cet âge rêvent de bureaux.

C’est à peu près le même discours tenu par la Miss Cameroun 2008 lors du FOJEC, qui a confié avoir abandonné un boulot confortable pour l’élevage de poulets.  Au public étonné, Audrey Amboagué a demandé : « Est ce que tremper mes mains dans la fiente de poulet, puis rentrer chez moi le soir me doucher, enlève quelque chose à ma beauté & à mon intelligence ? D’autant plus que je gagne excellemment ma vie ».


Au lendemain des incitations du Chef de l'État Camerounais, lui-même, à retrousser les manches et miser sur l'agriculture, plusieurs objections ont surgi. Parmi elles, le droit d'exercer le métier de son choix, qui ne consiste pas forcément à aller s'enterrer en campagne. Il faut reconnaître que le métier de la terre n'est pas ce qu'il y a de plus « tendance ». Pourtant, les agriculteurs et producteurs s'accordent à affirmer que les bénéfices suivent après un investissement bien pensé dans le secteur agricole.

Mais, si rien n'est fait pour rendre le secteur plus attractif aux yeux des jeunes, peu d'entre eux arriveront à dépasser les clichés et les complexes liés à l'exercice des métiers agricoles. D'après le Chargé de la communication de l'École Pratique d'Agriculture de Binguela, son institution a pour projet la création d'un Centre d'Excellence en Entrepreneuriat Agricole. Pour lui, la lutte contre les complexes commence par une école revêtant le même prestige (dans l’esprit des jeunes) qu'un ENAM ou qu'un IRIC. Aussi, c'est un combat que doivent mener tous ensemble les partisans de l'agro-optimisme.

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