Cameroun : le marché de la distribution de la presse cherche preneur

L’information circule depuis quelques jours dans les médias : Messapresse envisage de se retirer. Après plusieurs années de fonctionnement à perte, la filiale du groupe français Presstalis, unique distributeur de la presse locale sur le marché camerounais, évoque un retrait.

300 millions de FCFA.  C’est le montant du manque à gagner cumulé par Presstalis pour la 3e année consécutive au Cameroun, selon son Directeur de l’international Christian Carisey. Courant 2016 déjà, l’entreprise annonçait un taux d’invendus des journaux locaux de 75%. De tels chiffres ont rendu inéluctable le retrait du marché de Messapresse. Aujourd’hui, ils chercheraient en vain un repreneur. Leur présence n’est envisageable qu’aux seules conditions de recevoir un appui du gouvernement (allègement fiscal et subvention) ou encore d’une augmentation de la commission qui leur revient sur chaque vente de journal. Or, les éditeurs de presse se plaignent déjà des 40% que perçoit Messapresse sur chaque vente, taux qu’ils jugent astronomique. Il est inacceptable pour eux que ce taux monte à 50%.


Cette impasse, c’est aussi le signe que ce marché se retrouvera bientôt sans aucun distributeur pour mettre la presse à la disposition de ceux qui la consomment encore. A ce sujet, la Société d’Edition et de Presse du Cameroun semble vouloir faire cavalier seul en mettant en place son propre système de distribution privée. Elle a pour cela fait appel à un bureau d’étude dont la tâche est de lui concevoir la meilleure stratégie de distribution de ses produits (Cameroon Tribune, Nyanga, Alter Eco) sur le territoire camerounais. En marge de la SOPECAM, les éditeurs de presse, réunis en Fédération (Fedipresse), réfléchissent à la possibilité de création de leur propre entreprise de distribution.

Quel est le véritable problème de ce secteur ? Est-ce la faute à la qualité des produits de presse, impliquant que les camerounais achètent de moins en moins journaux et magazines ? Est-ce la distribution physique traditionnelle qui est dépassée ? Est-ce le circuit utilisé jusqu’ici qui fait défaut ?

A la question de savoir s’ils ne craignent pas de rencontrer les mêmes problèmes de déficit que Messapresse aujourd’hui, l’un des membres de la Fedipresse a évoqué la solution qui est selon lui une distribution plus optimale. Le problème de Messapresse selon eux, ne serait par conséquent pas dans la demande ni même dans la faiblesse des commissions, mais plutôt dans leur propre système de distribution.

Un marché ouvert donc pour qui pense pouvoir faire mieux. En attendant, les lecteurs et les patrons de presse doivent se préparer à voir disparaitre très prochainement les journaux locaux des kiosques Messapresse.

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