Cameroun : les néo-entrepreneurs de la rentrée scolaire

Pour une population camerounaise majoritairement jeune, la rentrée scolaire reste un des rendez-vous les plus importants de l’année. Elle marque le retour dans les salles de classe des jeunes scolarisés. Et pourtant, à la veille et tout au long de Septembre, ces jeunes développent de nombreuses activités génératrices de revenus. Ce sont les néo-entrepreneurs de la rentrée scolaire…

C’est un phénomène déjà bien récurrent dans les salles de classe. De nombreux élèves brillent par leur absence les premiers jours et la raison est parfois toute trouvée : « avoir suffisamment d’argent pour commencer plus tranquillement l’année ». Et pour cela, ces jeunes (généralement issus de familles modestes) se trouvent obligés de faire une prolongation des vacances de quelques jours voire même quelques semaines. Pendant ce temps, ils exercent des activités saisonnières, qui pourraient les aider à rapidement faire le plein de la caisse. En voici quelques unes :

La reprographie

Vulgairement appelée la « photocopie », c’est un procédé permettant la reproduction directe d’un document par rayonnement calorifique ou électrique. Il est présent principalement dans les villes et à des points stratégiques : écoles, universités, préfectures, mairies, etc. Certains parmi ces jeunes n’hésitent pas à s’investir dans ce domaine, « attirant » les  clients et de bénéficiant d’un pourcentage le soleil couché. Même s’il est principalement dominé par les aînés de l’université, ce secteur accueille également beaucoup de jeunes élèves.

Le commercial ambulant

Ce secteur « exploite » de nombreux jeunes élèves même après le coup d’envoi de l’année scolaire. Ils se retrouvent à errer dans les ruelles des marchés et les rues des quartiers pour proposer un produit (de beauté, de santé, de téléphonie, ou même de l’alimentaire). Ils sont identifiables facilement par les tenues (vestons) qu’ils portent. Ils proposent également du transfert de crédit, des clés internet, et quelques fois, des opérations de transfert d’argent par mobile.

Le secrétariat

Comme pour le cas de la reprographie, ici le néo-entrepreneur scolarisé, effectue des tâches pouvant aller des simples commissions à des tâches plus laborieuses telles que : les saisies de texte, et autres opérations de mise en forme et de mise en page. Sa rémunération, ici aussi est fonction des termes de l’accord initial et surtout du volume du travail entré dans la structure de secrétariat.

Le commercial fixe

À la différence du commercial ambulant, celui-ci est fixe. Il gère les articles d’un kiosque, un service ou une boutique. Leurs articles peuvent être de plusieurs natures. Il peut s’agir juste d’un paramétrage de téléphone, d’un téléchargement de musique, de vidéo ou de jeu. Certains vendent les manuels et outils scolaires, à l’exemple des sacs, des crayons, stylos à bille, cahiers, livres, etc.

L’agriculture

Ces néo-entrepreneurs scolarisés sont plus visibles dans les campagnes et coins reculés du pays. Ils vendent leurs services, pour cultiver la terre, débroussailler, sarcler, ou récolter. Leur salaire est bien souvent journalier. Il peut varier entre 500 et 5.000 frs. Ces tâches champêtres demandent beaucoup d’énergie, de volonté et parfois de sacrifice, mais très souvent, ils y arrivent.

Le transport en « ben-skin »

Aussi, bien visible dans les zones reculées du pays, le transport de moto est une affaire de jeunes scolarisés. Et même la cloche de la rentrée sonnée, ils ne s’y pressent que parce qu’il faut laisser le client à destination. Ils remplissent prioritairement le porte-monnaie avant de garer durablement leur engin de commerce.

Ainsi, il existe dans tous les coins et recoins du pays, des néo-entrepreneurs qui, comme tous les autres enfants de la République, ont l’obligation d’être dans les salles de cours dès le premier jour de l’année scolaire. Il y a donc un problème de sensibilisation et de soutien qui devrait être mis sur la table par les services compétents.

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