Comprendre la chute des cours du cacao et ses conséquences sur le Cameroun en 05 points

Depuis le mois d’août 2016, la valeur de l’ « or brun » a continuellement chuté sur le marché international, passant sous la barre de 2000 dollars la tonne (1 100 000 FCFA) en février 2017.  Dans les pays africains producteurs de cacao à l’instar du Cameroun (6e mondial), la pilule est difficile à avaler pour les cacaoculteurs qui, en deux ans, ont vu le prix du kilogramme de cacao passé de 1600 FCFA à 800 FCFA. Un pareil scénario ne s’était pas produit depuis 2011. Zoom en 05 points sur les causes et les conséquences de cette baisse des prix du cacao.

Surproduction contre baisse des opérations de broyage

Selon l’International Cocoa Organization (ICCO), l’instance mondiale du cacao, la dernière campagne cacaoyère s’est soldée par un excédent de production de l’ordre de 380 000 tonnes couplée à la baisse de la demande des broyeurs de fèves. Et lorsque l’offre est supérieure à la demande, les prix baissent. La conséquence inévitable a donc été la chute des cours mondiaux du cacao.

La spéculation à la baisse des traders

Christophe Auguste Douka, Président du Syndicat des planteurs ivoiriens de cacao, accuse les traders et autres intermédiaires de la filière d’avoir spéculé à la baisse les cours du cacao et provoqué une « réaction exagérée » du marché international. Une spéculation qui serait à l’avantage des chocolatiers qui achètent à un prix bas pour produire du chocolat vendu plus cher.

Un cacao de moins bonne qualité

A cause de la qualité inférieure de son cacao dont 95 % des fèves sont de grade 2, le Cameroun a connu une décote de 200 FCFA par kilogramme sur le marché mondial. Les mauvaises techniques de torréfaction (méthode de séchage du cacao) et de conservation sont aussi à l’origine de cette mauvaise performance du cacao Camerounais sur le marché international.

Conséquences : des cacaoculteurs découragés et une baisse du PIB

« Pour que le planteur s’en sorte, il faut écouler le kilo à au moins 2000 FCFA », révélait Moïse Zomongo Moadam, producteur et responsable des producteurs de cacao et café du Lom-et-Djerem, au quotidien Cameroon Tribune. Un avis partagé par la majorité des cacaoculteurs dont les bénéfices sont largement en deçà des investissements initiaux. Les secteurs cacao-café représentent 15% du secteur primaire et 30% des exportations non pétrolières du Cameroun. On peut donc craindre une baisse du Produit Intérieur Brut à la suite de cette chute des cours internationaux du cacao.

Les solutions apportées par le gouvernement

Pour soutenir les acteurs de la filière cacao, le gouvernement camerounais a pris quelques mesures :

- Une réduction de la redevance à l’exportation qui passe de 150 à 75 FCFA le kilogramme, soit une baisse de 50%. Cette réduction est au profit des exportateurs qui à leur tour doivent acheter le cacao à un prix favorable aux cacaoculteurs.

- L’augmentation de la redevance versée aux producteurs : elle passe de 54 FCFA à 150 FCFA le kilogramme.

- L’instauration d’une prime à la qualité depuis le lancement de la campagne cacaoyère 2017-2018, la 25 août dernier à Ntui.

- Le lancement de Centres d’Excellence du Cacao au profit de 4000 producteurs qui pourront ainsi être formés aux meilleures pratiques culturales.

- La création d’unités de transformation locales pour encourager la consommation intérieure et réduire à l’avenir les effets néfastes des chocs extérieurs.

Le renforcement du contrôle aux frontières pour éviter des exportations frauduleuses vers des pays voisins comme le Nigéria.

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