L’Asie : nouvel eldorado des footballeurs africains ?

La très grande médiatisation du football européen fait de lui le point centrifuge de ce sport autour du globe terrestre. Les amateurs et professionnels du foot – même ceux des pays africains - ont pour premier objectif d'intégrer les grands clubs européens. Pourtant, ces dernières années, les championnats de football asiatique semblent monter en puissance. Le rêve européen a donc désormais pour alternative, un Eldorado proposé par l'Asie (Chine, Japon ou encore Indonésie).

Pourquoi prendre la route de l'Asie ?

Essentiellement, les joueurs qui se décident à évoluer en Asie sont en fin de carrière ou du moins en baisse de niveau, de telle sorte qu'ils ne valent plus grand chose au sein des championnats européens qui se veulent rudes, vifs et très compétitifs. A titre d’illustration, il convient de citer le très glorieux Didier Drogba, de même que l'ancien du FC Barcelone, Seidou Keita.

Au-delà de permettre aux joueurs de relancer leurs carrières, le climat actuel du football en Asie présente des atouts économiques et financiers alléchants. C'est surtout le cas en Chine et en Inde où les salaires des footballeurs africains atteignent leur apogée. De 4 millions d'euros par an pour le capitaine des Lions Indomptables Stéphane Mbia, on en arrive à près de 20 millions d'euros pour l'Ivoirien Gervinho.

Le football asiatique propose donc un double avantage à saisir pour un joueur africain : relancer sa carrière tout en gagnant un joli pactole, peut-être même plus qu'il n’en gagnait en Europe. Aussi, il constitue un contournement pour les jeunes footballeurs qui caressent l’espoir d'évoluer un jour dans les clubs européens.

Un espoir d’émergence pour les jeunes joueurs

Avec les faibles opportunités qu’offre le football local africain, les « bleus » prennent la direction du continent asiatique dans la quête d'un environnement plus favorable à leur progression. Souvent, comme ce fut le cas avec Aimé Boman, ces sportifs font un peu le tour de l'Europe puis finissent en Asie parce que, sur le Vieux Continent, on leur proposait peu de choses concrètes.

Aimé Boman, ivoirien de 26 ans, est arrivé en Indonésie en 2014, où il a évolué dans le club de Makassar, situé sur l'île de Salawesi. « Comme tout joueur, tu ne rêves pas d’abord  de l'Asie. Et j'ai eu la chance de rencontrer des entraineurs en Europe, mais à chaque fois c'était des promesses, rien de concret. Quand on m'a parlé de l'Indonésie, j'ai tiqué. ‘C'est où ça?’ Mais au moins, il y avait du concret ».

De même, le camerounais Christian Bekamenga, après avoir été en Malaisie, est allé jouer en Indonésie. Il a participé au Jeux Olympiques de Pékin, puis il a signé à Nantes, Orléans avant de se retrouver à Laval. Aujourd'hui le camerounais évolue toujours en France dans le club de Metz. D’après Jules Onana, un agent camerounais exerçant en Indonésie, des cas comme celui de Bekamenga, « c'est rare mais ça arrive ». Sur le continent asiatique, on peut gagner suffisamment d'argent pour vivre via le foot, et par la suite faire de bons investissements : c'est plus rentable qu'en Afrique.

Attention, danger !

Cependant, tout n'est rose. En Thaïlande par exemple, on dénonce de plus en plus les mauvaises conditions dans lesquelles évoluent les footballeurs africains au sein de clubs. L'an dernier dans une interview, le ghanéen Nikwei Isaac, joueur de l'Ayutthaya, s'est confié sur le sujet. « Un agent m’a convaincu d’aller jouer en Thaïlande en me promettant un contrat fabuleux. Mais une fois arrivé là-bas, je me suis subitement rendu compte que toutes les promesses qui m’avaient été faites étaient fausses. En réalité, elles n’étaient que des mensonges. La vie est très difficile là-bas. J’ai dû lutter pour survivre, et maintenant, mon permis de séjour a expiré. Je joue seulement si je suis en sécurité », confie-t-il. Nikwei Isaac ajoute que certains joueurs africains sont obligés de se prostituer auprès des femmes thaïlandaises, de vendre de la drogue, ou de faire d'autres trafics douteux afin de survivre dans cette jungle... Le rêve s'effondre.

Sur le réseau social Facebook, nous avons dénombré récemment quelques cas de joueurs camerounais en Thaïlande qui relayent comme ils peuvent, à travers des images,  le calvaire des africains au sein des clubs de football dans ce pays. Il faut dire que l'ambition, l'appât du gain ou même le désespoir, poussent les footballeurs du continent à accepter précipitamment des propositions qui au final s'avèrent être très dangereuses.

Prudence

L'Asie n'est un Eldorado que lorsque l’on assure bien ses arrières. Elle bénéficie à ceux qui négocient bien leurs contrats, à ceux qui négocient les bons contrats. Pour l'essentiel, seuls ceux qui se trouvent en Chine gagnent très bien leur vie. L'Indonésie quant à elle offre de jolies perspectives, mais encore faut-il être endurant.

Le continent asiatique investit de plus en plus dans le football, et parallèlement diversifie l'effectif des joueurs en accueillant plus d'étrangers. Toutefois il faut que ceux-ci – et ceci vaut plus pour les joueurs inexpérimentés -, fassent attention à la destination qu'ils prennent. Afin d'éviter le Tartare, il faut bien penser son Eldorado asiatique.

Sources : RFI, Afrizap, Senenews

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