La startup camerounaise SOS Transfusion Sanguine cherche financement

400 000 camerounais ont besoin de transfusion sanguine chaque année. Seulement 21% de cette demande est satisfaite. Pour combler le déficit, la start-up S.O.S Transfusion Sanguine a besoin de 16 millions de francs CFA pour mettre en place une plateforme numérique qui reliera les différentes banques de sang du Cameroun.

Crépitements de touches de claviers, éclats de rire et discussions très animées émanent d’une petite pièce dans un appartement au quartier Damase à Yaoundé. « C’est mon frère aîné qui a bien voulu nous céder ce réduit qui compte une pièce et une véranda », confie Christian Darel Ngongang Wetie, 24 ans, qui nous présente son équipe. Ils sont six : trois ingénieurs informaticiens, un juriste, un financier et un infographe à travailler sur la version 1.0 de leur plateforme numérique d’interconnexion des banques de sang du Cameroun. Dans un confort fait de quelques meubles et de leurs ordinateurs portables, l’équipe peaufine des stratégies pour convaincre les investisseurs et le gouvernement de soutenir leur projet. « Nous avons besoin de 16 millions de francs CFA », révèle Christian Darel. Une somme qui aidera la start-up à mettre sur pied une plateforme digitale  constituée d’une application web, d’une application mobile et d’un centre d’appels téléphoniques. La particularité du projet est de contribuer au réapprovisionnement rapide des banques de sang.

C’est à la suite d’une mauvaise expérience personnelle que Christian Darel  prend conscience de la problématique de la transfusion sanguine au Cameroun. En 2013, alors qu’il est étudiant à Douala, il tombe gravement malade. Son état s’aggrave avec une anémie sévère. Pour survivre, il faut  urgemment quatre poches de  sang. « Ce n’est que 24 heures plus tard et  proche de la mort que j’aurai ma transfusion sanguine. Je ne serai peut-être plus là  aujourd’hui », confie-t-il en rappelant que 65 % de personnes victimes d’accidents de circulation ou d’anémies sévères décèdent à cause du manque de poches de sang ou de délais trop longs. Il est interrompu par un coup de fil.

Depuis que son idée a remporté le « Digital Thursday », édition de Yaoundé, son téléphone ne cesse de sonner. Amis et connaissances veulent prendre de ses nouvelles. Christian et son équipe aimeraient avoir la même attention de la part des autorités publiques en charge de la santé. « Nous leur avons adressé des correspondances et attendons toujours leurs réponses », souligne Christian. Selon le programme national de transfusion sanguine, 400 000 camerounais ont besoin chaque année de transfusion sanguine. Seulement 21% de cette demande est satisfaite. La start-up pense avoir la solution et est optimiste. « Nous aspirons à être comme la start-up rwandaise Zipline qui achemine des poches de sang par drones », confie Christian. Avec pour devise : « sauvons des vies, donnons la vie », S.O.S Alert Transfusion Sanguine espère lever bientôt des fonds. En attentant, elle se prépare au Prix de l’entrepreneur social organisé par une entreprise de téléphonie mobile.

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