Avoir un projet, répondre à un besoin

Cela a déjà été dit mille et une fois, nous assistons depuis l’entrée dans cette décennie à une expansion des initiatives entrepreneuriales. Le phénomène a pris du volume avec l’avancée des technologies, et le monde digital qui en est une déclinaison, est devenu une plateforme de mise en place de multiples projets.

Hélas, l’on se rend compte que les néo-entrepreneurs, tous secteurs confondus, dans toute leur fougue et leur zèle, en oublient parfois de se poser une simple question : "Quel est le point de départ de mon projet?". Plus concrètement, à quel besoin veut répondre l'initiative que j'amorce. Si une réponse existe, elle peut paraître biaisée à bien d'égards.

Remarquons que ici et là, au Cameroun et dans ses environs, les initiatives entrepreneuriales portant sur le dévéloppement du digital se promeuvent comme étant des modèles africains de ce qui a déjà été fait du côté de la Sillicon Valley ; des applications européennes africanisées. Il s'agit souvent de "faire comme", de se promouvoir comme étant la version africaine de tel, sans toutefois intégrer les spécificités propres à leur espace géographique, qui permettront ainsi de répondre à un besoin précis. A titre d'exemple d’initiatives basées sur une demande identifiée, on peut citer des plateformes dédiées à la musique comme BimsTr, Mboa Urban Music ou VRJ Music, qui répondent à deux besoins : la promotion des artistes (connus ou confirmés) et la mise à disposition aux internautes de la musique locale (en écoute et en téléchargement). Cloomify, qui est une application dont le but est de géo-localiser le maximum de lieux au Cameroun, répond à un besoin clair : trouver son chemin, ou encore savoir où aller. Le porteur de ce projet, Aymard BAMAL, s'est confié justement sur ce qui l'a poussé à mettre en œuvre cette plateforme : éviter que des personnes ne meurent durant la nuit parce qu’elles n’ont aucune idée des pharmacies qui sont de garde (entre autres).

 

 

Dès lors, il convient aux startups de se demander quelle est la base de leurs projets, si ce n'est créer le buzz et animer la galerie pendant un cours laps de temps. Le besoin est le point de départ. Il faut le connaître pour savoir où l’on va. Créer un projet, faire des annonces en grandes pompes, le vendre parce qu'il est une version africaine de ce que d'autres ont déjà conçu, sans qu’il réponde à un besoin précis. Ensuite plus rien. C'est fini. Aucune réalisation concrète et aucun problème de résolu.

Vouloir par exemple concurencer WhatsApp est un beau défi, mais vain si cela se fait en déphasage avec les spécifités locales. Créer un Google africain c'est beau, ça fait plaisir à lire et à entendre. Mais qu'est-ce que ce moteur de recherche propose de plus que les autres, mis à part le "version africaine"? Les prétentions sont vaines si elles ne s'adaptent à aucune spécificité. Le Mobile Money nous parle très bien dans ce sens.

La fierté et l'égo des jeunes africains semblent les rendre aveugles quant au veritable objectif que devrait avoir ce qu'ils entreprennent. L'idéal est de s'en rendre compte, même après s'être lancé, de reconnaitre s'être trompé sur la base du projet afin de l'améliorer. En cas d'échec, tout ce qu’il faut retenir c'est bien la leçon. C'est l'humilité qui frappe à votre porte, ouvrez lui : elle permet d'écouter, de s'écouter, de voir plus clair et de recadrer le tir. Alors que faut-il retenir ? Simplement qu'il faut donner de bonnes bases aux projets que l'on pense, des besoins auxquels ils répondent. Basique, simple. Si on l'a déjà dit, il faut le redire, et peut-être le faudra-t-il encore dans les temps à venir.

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