Didier Akue : « disrupter le métier de consultant sur le continent africain »

Didier Akue est né de parents camerounais et togolais. Il a vécu aussi bien en Afrique de l’ouest notamment, au Togo et au Bénin, qu’en Afrique Centrale (Cameroun et Congo Brazzaville). Ce diplômé en Sciences Politiques puis en Gestion Internationale & Commerce Extérieur, a aujourd’hui un CV relativement riche. En effet, il a été tour à tour Directeur des opérations de la Société Forestière de Bouraka, Délégué Général du Syndicat des Industriels du Cameroun, Chargé de programme à la Délégation de l’Union Européenne au Cameroun, etc. Mais aujourd’hui, c’est sous la casquette de fondateur et associé du cabinet ACAEXPERTISE que nous l’avons rencontré. Voici l’histoire.

SM : Bonjour M. AKUE. Vous êtes à ce jour le fondateur d’ACA Expertise. Quelle est l’histoire derrière la création de ce cabinet ?

Didier : Comme pour bon nombre de projets, tout est parti d’un constat qui est le suivant : les experts africains ne sont pas suffisamment connus des bureaux d’études internationaux qui réalisent les missions d’assistance technique sur l’Afrique. C’est ainsi que nait en 2009 AcaExpertise dont la mission était d’identifier et de mettre à leur disposition des experts africains et ayant une bonne connaissance de l’Afrique pour les missions d’assistance technique financées par différents partenaires au développement.

Nos activités se sont diversifiées avec le temps et aujourd’hui nous sommes organisés en trois pôles :

Appui institutionnel : Identification des experts pour différentes missions d’assistance technique en Afrique subsaharienne,

Appui secteur privé : Audit et suivi technique des projets dans le cadre de l’accompagnement des banques et institutions financières ; Etudes sectorielles ; Génie civil (études et suivi des travaux dans le BTP) ; appui, conseil et accompagnement dans la réalisation de projets issus des entreprises du secteur privé

Conception et mise en ligne de la Plateforme AcaExpertise qui est un outil qui met en relation les experts (professionnels compétents) et les entreprises en Afrique.

SM : Pourquoi le choix du patronyme « ACA » ?

Didier : ACA est l’acronyme de « Agence de Consultants Associés » qui était le nom du cabinet d’un proche qui nous a conseillé et encouragé à la création de notre entreprise.

SM : Comment fonctionne exactement la plateforme que vous avez mentionné plus haut et quel est le problème qu’elle vient résoudre ?

Didier : Dans le cadre de la plateforme, nous avons au centre la notion d’« expert » qui est aussi bien un professionnel qui travaille en entreprise, qu’un consultant qui est à son compte. Tous les experts de la plateforme ont fait l’objet d’une sélection sur la base de leurs compétences.

Le fonctionnement est simple et se déroule en trois étapes :

- L’entreprise/bénéficiaire qui recherche un expert va sur la plateforme et formule son besoin. Elle va recevoir la liste des experts qui correspondent à sa recherche et va choisir et contacter directement l’expert qui satisfait à ses attentes

- Une fois que l’entreprise et l’expert se sont mis d’accord sur le travail à faire et le montant de la prestation, l’entreprise verse le montant dû qui est provisionné au niveau de la plateforme et l’expert démarre la mission (étude, accompagnement, etc…).

- Lorsque la prestation est achevée et que l’entreprise valide le travail réalisé par l’expert, la rémunération est payée à l’expert par la plateforme.

Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur la plateforme www.acaexpertise.com, où ce mécanisme est expliqué en quelques clics.

SM : Après plusieurs années passées à la tête de votre entreprise, à mettre en relation des experts et des organisations, quel état des lieux faites-vous du marché du consulting au Cameroun ?

Didier : La demande en professionnels compétents pour accompagner les projets est forte en Afrique subsaharienne en général. L’offre de compétences pointues d’experts africains se développe de plus en plus. Toutefois, les mécanismes de mise en relation de l’offre et de la demande sont encore très peu développés voire inexistants. En effet, trouver un expert pour une TPE ou une PME qui ne peut pas se payer les services des bureaux spécialisés dans le recrutement demeure très difficile. Il y a donc encore beaucoup à faire dans ce sens et aussi dans la mise à niveau des structures qui ont en charge l’accompagnement des experts selon leurs différents corps de métiers (les différents ordres professionnels et organisations intermédiaires).

SM : Si vous deviez aujourd’hui investir dans un autre secteur, lequel serait-ce et pourquoi ?

Didier : Sans hésitation, l’agriculture. Saviez-vous par exemple qu’il y a près de 200 millions de personnes à nourrir au Nigéria ? Sans compter les autres pays de la sous-région.

SM : Aux potentielles personnes ressources qui nous lisent, quels sont vos besoins actuels en termes de développement de votre cabinet ?

Nous recherchons actuellement des partenaires qui peuvent nous aider à accroitre développement de notre modèle.

SM : Ou espérez-vous voir ACA Expertise dans quelques années ? En d’autres termes, quels sont vos objectifs à moyen terme ?

Nous souhaitons être leader dans la mise en relation entre les professionnels compétents et les entreprises africaines, cela en disruptant le métier de la consultation sur notre continent.