Gabin Christian DJIMGOU : « Le StreetWear est un vrai métier »

Les motivations d’un jeune designer camerounais qui travaille au quotidien pour être le meilleur dans le domaine du streetwear. C’est la substance de l’histoire que notre équipe vous conte ce jour. L’interviewé, Gabin, est le promoteur d’une marque « Hip Hop ».

Starter Mag : Bonjour. Qui est Gabin Christian ?

Gabin : Design by Gab’Un. Je suis designer graphique mais également promoteur de la marque HOME CLOTHING UNLTD GEAR. Il s’agit de mode streetwear, textile et tapis.

SM : Vous évoluez dans le vaste domaine du streetwear. Quel est votre concept à vous ?

Gabin : La marque HOME CLOTHING UNLTD GEAR appartient au domaine de la mode liée au hip hop. C’est le Street Wear, qu’on appelle vulgairement « mode urbaine ». Notre spécialité est le vêtement ample et surtout une conception inspirée des graffitis.

Il faut savoir que la mode Street Wear c’est aussi un moyen d’expression pour un artiste designer, avec pour base de travail le vêtement dans son ensemble (t-shirt, polo, sweat shirt, teddy, casquette…). Le but principal est de transmettre un message par les différentes formes d’expression (couleurs, écrits, formes).

SM : Au fur et à mesure que le Streetwear se vulgarise, les concurrents sur ce marché deviennent de plus en plus nombreux. Quels sont vos critères de différenciation, qui font qu’on vous choisisse vous plutôt qu’une autre marque ?

Gabin : Notre originalité et notre diversité à elles seules nous différencient de tout ce qui existe dans ce secteur d’activités au Cameroun. Diversité et originalité dans les thèmes abordés et exposés, mais aussi dans la manière de les exprimer. Par exemple, nous prenons le risque de ne pas signer nos produits de collection. Cette stratégie fonctionne, bien que le logo de la marque en dise long et permette de se positionner.

Gabin Christian DJIMGOU : « Le StreetWear est un vrai métier »
Gabin Christian DJIMGOU : « Le StreetWear est un vrai métier »

SM : Comme pour toute activité entrepreneuriale, le chemin doit être semé d’embuches et d’obstacles. Quels sont les vôtres ?

Gabin : Les difficultés sont de plusieurs ordres. Je pense d’abord à l’approvisionnement en produits divers et de bonne qualité, le tout en temps voulu. Ajoutez à cela le manque de financement nécessaire pouvant permettre la production de masse pour la satisfaction réelle d’une demande qui est grandissante.

SM : Demande grandissante oui, mais pour un secteur encore embryonnaire. Pas vrai ?

Gabin : Avant Décembre 2016, je disais encore que le secteur était  inexistant quand on sait que pour qu’un secteur d’activité soit porteur, il faudrait déjà qu’il soit organisé et structuré. Mais depuis les ateliers sur le streetwear tenus au Douala Hip Hop Festival de 2016 et surtout au regard de l’engouement, de la volonté et des engagements que nous avons pris (ensemble des promoteurs de marque présents), j’accepte le terme d’embryonnaire (Rires).

SM : Ou peut-on trouver les articles Home Clothing UNLTD Gear ?

Gabin : Pour l’instant, nous sommes présents lors des foires expos, sur les réseaux sociaux, lors de ventes privées. Nous faisons également de la vente en ligne.

SM : Est-ce une entreprise qui est rentable ? Et quel business model avez-vous adopté pour ce faire ?                                                                                                                

Gabin : Disons qu’elle est rentable pour ce qu’elle produit. C’est une jeune start-up dans l’industrie de l’habillement. Seulement, elle pourrait l’être davantage car le marché est vaste et la demande grandissante et réelle. Pour satisfaire les attentes, nous faisons ce que j’appelle des « micros collections » parce qu’il est impossible de réaliser une véritable collection actuellement. Cela nécessiterait de gros moyens, pourtant tout est là ! Les stratégies d’approche, de distribution, les collections, les points d’approvisionnement et même la demande sauf l’essentiel : les financements. Bref j’insiste sur le fait que le secteur de l’habillement est un secteur porteur et les premiers à véritablement y investir ne seront pas déçus.

« La vie appartient à ceux qui sont constants. »

SM : Parlez-nous un peu de vos ambitions pour cette marque dans les prochains mois.

Gabin : Continuer à mieux la faire connaître mais surtout trouver un véritable financement à long terme pour sa réelle mise sur le marché.

SM : Un mot pour les jeunes qui voudraient également se lancer et suivre cette trace ?     

Gabin : Je les encourage. Et comme d’habitude, je suis pour aider ceux qui en ont besoin. Qu’ils sachent seulement que ce secteur n’est pas un refuge dans lequel on se lance parce que ça ne marche plus trop ailleurs. Le streetwear est un vrai métier. Promouvoir une marque demande énormément de temps. Je n’emploie pas le terme sacrifice car, choisir c’est renoncer il faut aussi beaucoup de patience. Comme dit un grand frère, la vie appartient à ceux qui sont constants.

SM : Merci pour le temps accordé à notre équipe et à très bientôt.

Propos recueillis par Vanessa KABIENA