Winnie NDJOCK : « Mes choix de carrière ont été influencés par le fait que je suis mère »

Spécialiste du Marketing Digital & de la Gestion des Projets, Coach, elle ne pouvait que capter notre attention. Transfuge de l’ENSET de Douala en 2010, Winnie NDJOCK a été tour à tour Chargée de mission puis Responsable marketing chez un promoteur immobilier en 2013. A la recherche de nouveaux challenges, elle quitte son poste et se retrouve dans l’auto-emploi. C’est ainsi que Winnie met sur pieds Zen Zere, pour exercer comme Consultante et Coach en gestion de projets. Leadership, vie privée et vie professionnelle, etc., bonne lecture de notre entretien avec cette passionnée de l’entrepreneuriat.

SM : C’est quoi l’astuce ou la pichenette pour mener à bien vie privée et vie professionnelle ?

Winnie Ndjock : J’essaie de trouver un équilibre mais ce n’est pas une équation simple. J’ai limité mes actions et mes déplacements au maximum. La majeure partie de mon travail se fait en ligne. Pour cela je remercie le développement du Social selling et des applications comme Whatsapp. Malgré tout, le fait que je sois impliquée dans plusieurs projets me force à avoir des horaires allongés. Parfois je ne dors que 3h sur 3 ou 4 jours. Alors il arrive que je m’éloigne. Parfois sur deux jours. Pas d’appels et de RDV et une présence minimum. Je suis obligée de gagner des contrats tout en limitant leur nombre. C’est un peu comme se lancer dans une course tout en s’attachant volontairement les mains dans le dos. Une situation qui devra se corriger courant 2018, si Dieu le veut.

SM : Quel parcours pour une femme aussi jeune ? Et quels sont les obstacles auxquels vous avez été confrontée ?

Winnie Ndjock : Les obstacles, ils ont été nombreux sur le chemin. En tant que femme je devais prouver ma crédibilité, justifier mon travail. Mes choix de carrière ont été influencés par le fait que je suis mère. J’avais des horaires assez décalés. Je me levais à 4h pour me coucher à près de minuit. J’ai dû refuser des propositions de travail qui impliquaient des déplacements fréquents sur d’autres régions. C’était dur d’y renoncer. Sur certains postes j’ai également été confrontée à une discrimination de par ma formation. Je n’étais pas assez crédible si je ne passais pas par certaines écoles. Un autre coup dur.

Aujourd’hui j’ai encore mis ma vie familiale en avant. Alors bien sûr il est plus difficile de trouver les bonnes conditions réunies pour me permettre de travailler en restant proche de chez moi, proche de mes enfants et en respectant mon devoir d’épouse. Mon mari est compréhensif mais en tout il y a des limites.

En 2016, j’atteins ce que je peux avoir de mieux dans l’entreprise. Je stagne et je me fane. Pour de nombreuses raisons je me sépare de mon employeur. Sans travail et avec un enfant, je suis sur le point de lancer une affaire quand je découvre que je suis à nouveau enceinte. Avec mon mari nous choisissons de retarder mon retour à la vie professionnelle règlementée. Je ne veux pas me tourner les pouces. Alors j’enchaîne les petites opérations. Vente de jus naturels, travaux d’infographie, cours de bureautique et vente de vêtements pour enfants au crochet.

SM : Faut-il se lancer dans l’entrepreneuriat comme une option au chômage ou alors il faut une prédisposition ?

Winnie Ndjock : Je ne pourrais pas recommander de se lancer dans l’entrepreneuriat juste pour échapper au chômage. Il y a beaucoup de stress et de coups durs. Pour obtenir des résultats il faut préparer le terrain. Si vous n’avez pas un bon jeu à la base, des ressources et des contacts, alors vous devez tout bâtir. Le chômage peut être une opportunité pour se découvrir en tant qu’entrepreneur mais en aucun cas cela ne doit être votre seule motivation. Plus qu’une envie il faut être engagé car les échecs il y en aura. Les critiques et les mauvais retours aussi. Il faut s’armer de patience et aimer son travail.

SM : S’il fallait conter ta plus belle réalisation !

Winnie Ndjock : Ma plus belle réussite professionnelle... j'aurais du mal à la situer. Je ne suis jamais satisfaite. Tout de même je pourrais parler de WUSU, l’association fondée par mes soins. La communauté enregistre une vingtaine de membres, une douzaine de projets enregistrés, 5 personnes actuellement coachées et enfin un événement mensuel.

SM : Quelle est ta propre définition du leadership féminin ?

Winnie Ndjock : De plus en plus de femmes créent leur propre entreprise et d’autres accèdent à des postes à responsabilité. De la PME à la multinationale, des femmes bataillent pour gravir les marches. Les femmes se regroupent en réseaux et cela aide aussi à favoriser ce déploiement. Mais au fond on ne voit pas de différence due au genre dans leur gestion. Les femmes ne veulent pas paraître faibles et beaucoup finissent pas agir comme leurs homologues masculins. La seule différence étant dans le discours qui incite à l’auto-emploi des femmes et à une meilleure reconnaissance des leurs aptitudes.

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