Cadeaux d’affaires : corruption ou pas ?

Dans un pays tel que le Cameroun où la pratique de la corruption n’est pas un moindre mal, la culture des « cadeaux d’affaires » offre sa part de suspicion. A la base, les cadeaux d’affaires sont des choses qu’on offre à ses clients ou ses partenaires, à ses employés, dans le seul but de faire plaisir, féliciter ou célébrer. Une bouteille de vin à un employé dont la femme vient d’accoucher, un objet d’art africain à un important client étranger avec qui vous venez de conclure une affaire, etc. Les occasions ne manquent pas ! Mais à quel moment pouvez-vous être soupçonné d’offrir un cadeau à un partenaire pour le « soudoyer » quand il est devenu si dangereux de donner ouvertement de l’argent ? La frontière est en fait très fine !


Le cadeau d’affaire frôle la corruption lorsque son but inavoué est d’obtenir une ou plusieurs contreparties. Celles-ci sont diverses : faciliter ou accélérer la signature d’un contrat, obtenir des réductions de prix… L’intention intéressée est encore plus flagrante lorsque le prix du cadeau est déraisonnable. Le cadeau d’affaire par principe se doit de revêtir une valeur plus symbolique qu’autre chose. Mais selon une enquête de Knowdys effectuée en 2015, plus 30% de 330 entreprises interrogées en Afrique Centrale et de l’Ouest offrent des cadeaux d’affaires valant plus de 100.000 F CFA, tandis que 26% seulement offrent des cadeaux d’affaires dont la valeur se situe entre 10.000 F CFA et 25.000 FCA.

Pourtant il est normal pour un chef d’entreprise de vouloir entretenir de bonnes relations avec ses interlocuteurs. Attention toutefois à rester modeste et prudent dans le choix et l’attribution de ces cadeaux.

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