Projets camerounais : « pourquoi ma campagne de crowdfunding a échoué »

Pour les projets portés par les camerounais, de plus en plus la levée de fonds sur internet constitue un moyen de financement « qu’il ne coûte rien de tenter ».  Rien d’étonnant en fait lorsqu’il est si difficile d’obtenir des prêts à la création d’entreprise en banque. En 2015, 14 entrepreneurs ont organisé des campagnes de crowdfunding pour financer leurs projets, et 04 seulement ont réussi (confère Rapport 2015 sur l’Entrepreneuriat au Cameroun). Par  « réussir », entendez réussir à réunir la quantité de fonds qu’on s’est fixé comme objectif au départ. En effet, les plateformes de crowdfunding récupèrent les dons qui vous ont été faits si vous n’atteignez pas votre objectif (pour les reverser aux donateurs cela va de soi). Exception faite de la plateforme Indiegogo qui vous verse, malgré l’échec, la somme récoltée.

Qu’est ce qui justifie que certaines campagnes marchent mieux que d’autres ? Qu’Aurion et Street CLAC aient réussi à lever chacun 32 millions et 3,5 millions tandis que Kwiizi n’ait pas pu lever 3 millions ?

A ce sujet, nous avons rencontré l’un des organisateurs de la campagne de crowdfunding « ShareYourHeart », conçue pour permettre à la marque Heartbeat 237 de se développer. Lancée sur Ulule, leur objectif était de récolter 7500 €. Malheureusement, seulement 1,5 million a été donné par les internautes. Pourtant, l’objectif était parti pour être atteint : un projet bien présenté et une page animée, de beaux visuels, de nombreux ambassadeurs/influenceurs, etc. Mais apparemment, ce n’est pas tout ce qu’il faut à une campagne de crowdfunding pour réussir.

A la question de savoir quelles sont, selon lui, les raisons de l’échec de ShareYourHeart, le co-fondateur de la marque évoque le mauvais timing. En été, beaucoup de monde investit dans des projets de vacances. Aussi, peu de camerounais disposent de moyens de paiement en ligne. Quand certains potentiels donateurs avaient même des comptes bancaires, leurs banques n’étaient pas reconnues par Ulule. Enfin, le concept de crowdfuding est encore mal connu et suscite de la méfiance.

A cela, nous ajouterons que les actions de communication n’ont peut-être touché le maximum de personnes. Nombre d’internautes que nous avons interrogé à propos de ShareYourHeart ont dit « ne pas avoir été au courant » ou ne pas « ne pas connaître la marque ».

Projet Camerounais
Les fondateurs de Heartbeat 237

Pourtant, Stéphane Bilana tient à insister sur un point essentiel : « Même si l’objectif n’est pas atteint au terme d’une levée de fonds sur internet, on ne peut pas parler d’échec ». Les avantages dont on bénéficie sont trop nombreux. « ShareYourHeart nous a permis de faire connaître notre projet auprès d’une vaste communauté d’internautes et de gagner beaucoup en relations professionnelles ». Publicité gratuite donc, quoi que pas totalement puisqu’organiser une campagne de crowdfunding nécessite un investissement en termes de communication, conception de supports, etc.

De tout ceci, on retient la recette pour mettre toutes les chances de son côté dans une levée de fonds sur internet.

  • Choisir la plateforme adéquate
  • Trouver le bon timing
  • Miser sur la transparence et fournir le maximum d’informations sur le projet et la manière dont les fonds seront utilisés
  • Bien penser les contreparties
  • Donner une raison, un but, une utilité à son projet pour que le public y adhère plus facilement
  • Solliciter le soutien d’influenceurs
  • Se créer une bonne présence sur le WEB
  • Rendre le tout attrayant avec d’excellents messages et visuels
  • Prendre la peine de sensibiliser et expliquer aux gens ce qu’est ce mode de financement
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